PAMmiracle1852 – Roberta/o Inox : Malédiction de la Miction

Roberta/o Inox prend le large avec un EP osé qui, au lendemain de la Fête de la Musique, est assuré de faire l’effet d’une bombe au sein des milieux consacrés. Récit à la fois pudique et cru d’une nuit d’errance passée à chercher un endroit où se vider la vessie, Malédiction de la Miction parle de la douleur et de l’attente, mais surtout de l’assujettissement à la sanisette qui, justement, cette nuit-là, n’était pas présente là où il aurait fallu qu’elle le soit. Roberta/o Inox conte sa quête des gogues sans jamais tomber dans la vulgarité et dénonce avec poésie une société pudibonde et des pissous conditionnés par le lobby de la sanisette, un paysage urbain jalonné d’endroits où la femme est priée de faire ce qu’elle a à faire, là et nulle part ailleurs, endroits savamment éloignés les uns des autres par une distance toujours un peu trop longue à parcourir pour la vessie trop pleine, et qui condamnent l’aspirante pisseuse à faire entre des voitures ou dans un bar où il lui faudra demander l’autorisation au tenancier avec les yeux baissés et un air gêné de rigueur et de petit chat.

Nuit noire dans la rue
Ma chemise mouillée par la bruine
Mes pieds sont lourds, j’ai trop bu
Il faut, il faut que j’urine
Je presse le pas, j’angoisse
Ma bouche colle, j’ai mal à la tête
Mon cœur s’affole, les minutes passent
Je ne trouve pas de sanisette
Est-ce que je vais m’accroupir entre deux voitures ?
Me livrer aux moqueries des passants nocturnes ?
Baisser ma culotte, me pisser sur les chaussures ?
Je ne trouve pas de sanisette et ça me brise les burnes.
L’horloge astronomique
Tourne, il est trois heures
J’ai les cheveux qui rebiquent
Les pieds meurtris, mauvaise humeur
Ma bouteille vide est consignée
Je la dépose aux pieds d’un vieux Viking
Il se lève, me rit au nez
S’en va pisser sur un parking.
Est-ce qu’il faut que j’aille me cacher dans un buisson ?
M’offrir en pâture aux bestioles qui y grouillent ?
M’aventurer dans les ronces, déchirer mon pantalon ?
Je ne trouve pas de sanisette et ça me casse les couilles.
J’en ai marre, j’ai mal aux pattes
Ma vessie me tance
Je m’engouffre dans cette boîte
C’est ma dernière chance
C’est ma dernière chance
Combien de temps je vais devoir ronger mon frein
Dans cette interminable queue de fêtards ?
Ça fait deux heures maintenant que je me retiens
De pas tout lâcher dans mon slibard.
Ça y est, c’est à moi
J’n’y croyais plus, j’verrouille la porte
Je me vide, je pleure de joie
Et merde, j’ai oublié d’baisser ma culotte

Malédiction de la miction
Malédiction de la miction
Malédiction de la miction
Malédiction de la miction





29 juin 2015

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